Préditation
Croissance
par Gil
Transcription
Nous commençons notre préditation Kaïros
Aujourd’hui nous allons nous arrêter pour entendre la voix du Saint Esprit qui change notre vision du monde.
Commencez cette écoute méditative par trouver une position confortable
Posez vos mains sur vos genoux ou à côté de vous, détendez-les, libérez-les de l’action
Laissez vos yeux se fermer doucement
Laissez votre regard descendre à l’intérieur de vous-même.
Survolez votre existence vos pensées, vos sensations
Contemplez-les comme on contemple l’écoulement d’une rivière,
Ses zones de turbulence, ses zones plus paisibles
Laissez-vous bercer par leur rythme et leur mouvement

Prenez lentement une grande inspiration, en ouvrant largement votre cage thoracique
Puis videz vos poumons tranquillement en relaxant vos épaules.
Expirez vos craintes, vos préoccupations
Inspirez le souffle de Dieu, l’Esprit Saint, qui plane sur votre jardin intérieur.
Aujourd’hui nous allons parler de croissance.
Pendant notre exercice, en inspirant, nous inspirons la bonté de Dieu
En expirant, nous laissons nos peurs s’échapper, tout ce qui nous contraint
Laissez votre respiration prendre son rythme
Dieu est notre force. Son Esprit est la sève qui fait croître son royaume dans nos vies.

Les émotions sont présentes dans tous les moments de notre vie. Souvent elles se font discrètes. Parfois elles sont très visibles, envahissantes même. Elles influencent notre façon de voir et d’agir.
En ce moment, vous en ressentez certainement.
Prenez le temps de les accueillir, de les sentir frémir autour de vos pensées, dans vos membres, dans votre corps. Ne cherchez pas à les saisir ou à les contrôler, ni même à les comprendre, d’où elles viennent ni où elles vont. Laissez les juste être, bouger, vibrer avec votre présent.
Vous ressentez sûrement des émotions en lien avec ce temps de préditation, le calme, le bruit du feu. Parmi elles, il y en a pourtant qui sont là depuis plus longtemps. Des traces d’évènements passés, une joie… une usure ou une détresse peut-être.
Les émotions ne s’effacent pas facilement. Certaines laissent une empreinte plus ou moins profonde dans notre cœur.

Certaines émotions difficiles prolongent la souffrance dans notre chemin de vie. Elles peuvent devenir des carcans, parfois même on les assimile à notre identité.
Prenons un exemple qui revient particulièrement dans le récit biblique… et aussi dans chacune de nos vies, à des degrés divers : la colère.
La colère est une émotion intense. Souvent, elle produit un éclair de chaleur et de désorientation et le besoin de justifier ou de riposter.
La colère est une émotion qui consume l’esprit et le corps.
Pourtant parfois la colère semble nécessaire pour notre survie.
La colère est bonne et même nécessaire pour protéger les limites appropriées pour soi ou pour notre environnement.
Nous en avons besoin pour savoir qui nous sommes.
Pour comprendre quelles limites doivent être défendues,
On en a besoin aussi pour sonder la profondeur de la souffrance et de l’aliénation en nous-mêmes, mais aussi chez les autres auxquels nous sommes confrontés.
Mais, parce qu’elle est protectrice, la colère est avant tout égocentrique.
Lorsqu’elle tisse sa toile trop longtemps après avoir transmis son message, elle se retourne sur nous-même.
Quand elle se nourrit d’elle-même, elle est vouée à l’échec. Elle finit par étendre un voile sur notre intelligence.

Essayons de comprendre notre colère. A quoi correspond-elle ?
On raconte que la colère constitue un terrain fertile pour les germes de mécontentement, d’anxiété et de dangers potentiels pour soi-même et pour les autres. C’est vrai.
La rage ne m’a ni libéré ni fait me sentir mieux.
Mais ça m’a donné quelques mots et un peu d’énergie pour me battre
Remarquez où des systèmes d’injustice infligent des abus aux personnes et aux communautés, la colère en tant qu’indignation juste est appropriée, saine et nécessaire à la survie.
Ce n’est pas une surprise. Les enfants, les femmes et les hommes vivent dans un système d’injustice – un système d’inégalité, d’exploitation et de manque de respect.
La colère m’a sorti de ma torpeur et de mon illusion selon laquelle le monde tel que je le connaissais était le monde que Dieu voulait.
La colère est une réaction à l’injustice, elle est spirituellement saine car elle nous aide à construire des limites saines.
Quand elle n’est pas canalisée par l’amour, un amour profond et sérieux pour nous-mêmes et pour notre prochain, elle peut devenir un endroit solitaire.
La colère isole. J’ai eu mon combat contre la solitude, toi aussi.

La question est de savoir si nous reconnaîtrons ou non nos blessures et la source de notre colère,
afin de pouvoir avancer, afin de guérir nous et les autres.
afin de ne plus vivre contraints par les injustices mais de guérir nos relations blessées et d’incarner une communauté réconciliée.
Jésus ne blesse pas les gens pour les aimer. Il n’a pas vécu de sa propre blessure ; il n’a pas dissimulé sa douleur en la transmettant aux autres.
Notre santé et notre plénitude exigent que nous retirions nos masques de piété chrétienne et que nous accomplissions le travail difficile de reconnaître notre colère, notre vulnérabilité et notre douleur.
Ce champ que ta colère dévoile et contemple, souvent dans la bourrasque, c’est le jardin que Dieu a choisi de fertiliser. Il y a semé son royaume de justice.
La nécessité et la maladie de l’ombre pousse ton regard ailleurs.
Aujourd’hui, choisis ce terrain particulier pour attendre le germe de Dieu.
Le prophète l’a annoncé sans détour : Ne pensez plus aux premiers événements, ne cherchez plus à comprendre ce qui est ancien! Je vais faire une chose nouvelle, qui est déjà en germe. Ne la remarquerez-vous pas?

ô Dieu, qu’es-tu en train de faire croître dans ma vie, dans le jardin de mon cœur ?
Qu’y a-t-il sous le terreau de mes colères, de mes peurs, de mes frustrations et de mes préoccupations ?
Que disent mes joies, mes désirs, mes attentes ?
Quelles graines as-tu semées ?
En mourant, Christ est lui-même la graine qui tombe en terre. Il porte l’ADN de tes aspirations. Si elles paraissent enfouies, c’est qu’il les enfouies lui-même en mourant.
Nous sommes crucifiés avec lui : en tombant avec lui, nous sommes avec lui cette graine qui meurt et que Dieu relève POUR UN FRUIT NOUVEAU
J’ai été crucifié avec Christ. (c’est un fait, c’est quelque chose que tu dois décider, accepte-le) j’ai été crucifié avec Christ, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi;
Et ce que je vis maintenant dans mon corps, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est donné lui-même pour moi.
Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la poursuivra jusqu’à son terme, jusqu’au jour de Jésus-Christ.
La croissance est une œuvre bonne que Dieu accomplit JUSQU’AU BOUT
Il est AVEC NOUS. L’Esprit Saint est le jardinier qui prend soin de la graine. La graine qui est tombée dans le terreau de notre vie, au milieu de toutes ces émotions, ces raisonnements, de ces évènements, de ces traces.
L’Esprit Saint prend soin de la graine qui est tombé dans le terreau de ta vie.
La marque de la croissance est la RESTAURATION et la GUÉRISON qu’il opère dans notre vie. Des fois de manière spectaculaire comme une floraison printanière. Des fois dans le temps plus long comme l’arbre qui pousse lentement et renforce ses fibres face aux éléments, à l’adversité, toutes sortes de croissances.
Cette croissance se manifeste de multiples manières. c’est ce que l’Esprit Saint te rappelle en ce moment.
Ta vie est son jardin.
L’Esprit Saint renouvelle notre CRÉATIVITÉ et notre ÉMERVEILLEMENT. C’est pour ça que nous avons besoin de lui. Pour parcourir le jardin de notre cœur. Et le comprendre tel qu’il est vraiment.
Nos inquiétudes, nos préoccupations ne disent pas la vérité sur qui nous sommes. La vérité c’est que le Saint Esprit est là et il agit.
Ne pensez plus aux premiers événements, ne cherchez plus à comprendre ce qui est ancien! Je vais faire une chose nouvelle, qui est déjà en germe. Ne la remarquerez-vous pas?
ton travail c’est de remarquer de reconnaître, de discerner, d’accueillir, de découvrir, de dévoiler.

Alors que cette méditation touche à sa fin, prenez un temps de reconnaissance pour ce que l’Esprit vous a montré ce matin.
Dans le silence de votre cœur, reconnaissez, c’est-à-dire regardez simplement, sous son angle, le jardin de votre cœur.
Le Seigneur reste proche.
Dans les jours qui viennent, ne vous attachez pas à vos impasses, à votre inquiétude, à votre insatisfaction.
Elles seront là. Elles n’iront pas bien loin. Elles vous attendrons.
Portez votre attention sur les germes que Dieu fait pousser dans votre vie. Même des petites pousses, ou des grands arbres, des jolies fleurs, ou des bourgeons.
Dans la prière, accueillez le regard de Dieu sur votre vie, quelle que soit votre analyse.
Suivez le regard de Dieu vers son travail dans votre cœur.


L’Esprit Saint est votre guide.
Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l’on peut comprendre, gardera votre cœur et vos pensées en Jésus-Christ, non pas dans une solution idéale ou fantasmée, mais là où sont votre réalité et votre identité, le Christ en vous.
Voilà ce que l’Esprit Saint dévoile, fait germer, fait grandir : le ressuscité.
La graine qui est tombée en terre est en train de germer dans votre jardin.
AMEN.



