Petit Tuto : vivre la Bonne Nouvelle au quotidien

par Gil

Romains 12.12
Réjouissez-vous dans l’espérance et soyez patients dans la détresse. Persévérez dans la prière.

A première lecture, ce genre de verset semble très directif : 3 verbes à l’impératif. Il y a de quoi se sentir sollicité. On comprend qu’on va devoir faire un effort de foi.

Cette formule titille notre besoin d’accomplissement. Si tu es en forme, ça te donne un os à ronger, tu bricoles mais tu entretiens le mindset de la « vieille nature », celui qui ignore l’évangile. Si tu es découragé, ça peut te faire perdre le fil. Seul dans ton identité, ces verbes te renvoient à l’effort d’un orphelin.

Maintenant, si on le met sous la lentille Trinitaire, les verbes de ce verset apparaissent comme un support, un encouragement. Ils parlent non plus d’un effort que tu dois affronter, mais d’un effort que Dieu accomplit en toi, dans le cœur de son enfant bien-aimé. Tu es le premier témoin de cet amour, la relation que Dieu tisse. Ils attirent ton attention sur l’œuvre que Dieu accomplit dans ta vie. Il recâble ta perception des choses (metanoïa) sous l’angle de la relation trinitaire. Il te montre comment le divin opère par petite transformation dans ton quotidien. C’est de l’évangile incarné !

Dans ce passage, Paul met en mots le théâtre de la Grâce et de la Bonne Nouvelle. Il offre un descriptif concis mais précis de la manière dont l’évangile et l’Esprit Saint opère dans ta vie. Un éclairage précieux. Ruminons -le…

Ces 3 verbes à l’impératif correspondent à 3 éléments clés pour ta vie de foi, 3 invitations à découvrir ce que Dieu accomplit en toi :

  • Se réjouir dans l’espérance : un INGRÉDIENT
  • Être patient dans la détresse : une POSTURE
  • Persévérer dans la prière : une ACTION

L’ingrédient

Réjouissez-vous dans l’espérance !

Paul attire l’attention sur la joie.

La joie est un support, une respiration, une nourriture pour notre âme. Réjouissez-vous ! … mais, c’est difficile de se réjouir sur commande, non ?

Ce n’est pas un ordre c’est un indicateur : la joie est un ingrédient fiable pour trouver l’énergie et la lucidité pour avancer. Réjouissez-vous signifie mettez votre attention sur la joie, même (surtout ?) quand il y a des choses tellement graves qui absorbent voire engloutissent votre cœur. Ce n’est pas contradictoire, c’est même salvateur.

La joie, c’est quoi ?

La joie de Dieu parsème notre cœur

La joie est une matière qui parsème notre cœur, des petites paillettes disséminées dans certains recoins, avec plus ou moins de densité.

On ne crée pas la joie. On ne se la fabrique pas. On la découvre plus ou moins facilement selon le fouillis de nos raisonnements. Il n’y a pas d’endroit qui lui soit étranger. Elle est là quelque part dans le décor même quand tout te semble figé. Ce qui la rend imperceptible c’est l’aliénation ou la rigidité de nos raisonnements.

Reconnais avec humilité que si tu ne la perçois pas, ce n’est pas qu’elle est absente mais que ta perception a besoin d’être renouvelée (Romains 12.2). Elle est un antidote efficace pour les raisonnements coincés, et les impasses émotionnelles. La joie c’est l’évangile au cœur de ta vie, la présence divine du Royaume dans les situations les plus concrètes de ta vie !

La joie ce n’est pas l’excitation

Souvent on résume la joie à un état émotionnel. Cet état émotionnel, ce n’est pas la joie en elle-même, mais l’effet qu’elle peut avoir dans notre cœur. Cette émotion n’est pas systématique ou conditionnelle de la joie. La joie, on peut la trouver simplement dans l’éclat d’une attente, voire dans le scintillement léger d’une respiration au cœur de la tension. La joie ne correspond pas à une excitation. Elle correspond à un état de plénitude dans lequel on se laisse plonger. Je pense au sourire d’un enfant ou d’un vieux sage.

Paul nous partage ici que…

La joie se façonne dans l’espérance

La joie, on la mastique dans le temps. La joie élargit notre regard, elle nous remet en mouvement quand on est arrêté par l’existence. Cette ouverture, c’est l’espérance. L’espérance c’est la conscience qu’on avance quelque part, non pas de nos propres forces mais parce qu’on est conduit. Concrètement ça nous permet de nous reconnecter au chemin dans lequel nos raisonnements nous font penser qu’on est englués.

La posture

Soyez patient dans la détresse

Paul invoque une posture : la patience.

Avec la joie, on regarde devant. C’est essentiel pour avancer. Maintenant, notre situation n’est pas toujours évidente. Notre chemin n’est pas toujours aplani. Comment tenir l’équilibre pour avancer ?

La détresse, la charge mentale ou l’inquiétude nous empêchent d’avancer, parfois au point de nous figer. Je pense aux sables mouvants, ces moments où plus on s’agite, plus on s’enlise, et notre environnement nous semble se durcir comme de la pierre.

La patience, c’est quoi ?

La patience c’est l’amour de Dieu dans le temps

La dimension temps. Lors d’un partage communautaire, un jour, on s’est aperçu que la patience, c’est l’amour de Dieu dans le temps. La patience c’est une manière concrète d’accepter que l’amour de Dieu est présent même dans le temps qui s’écoule autour de nous. Goûter la patience, c’est la posture qui nous permet de goûter la joie de Dieu dans notre présent, c’est apprendre à laisser Dieu nous détendre dans notre situation et à la faire résonner sur la flèche du temps. On accepte que ce qui nous fait avancer ce ne sont pas nos efforts enflammés ou désespérés. C’est autre chose…

L’action

Persévérez dans la prière

Vous connaissez l’adage : heureux celui qui sait penser avant d’agir et prier avant de penser

Comment se mettre en action à partir de la joie ? Comment faire de la patience notre incarnation dans ce monde ?

Dans le Nouveau Testament, il y a une formule au sujet de la prière qui revient plusieurs fois : priez sans cesse ! ce n’est pas 10mn par jour, ce n’est pas 1h ni même 5h, c’est 24h !

Soit ça relève de l’exploit, soit on n’a pas bien compris ce qui se passe vraiment dans la prière.

La prière ce n’est pas un effort, c’est un mode de vie. Regardez : Jésus lui-même passait énormément de temps en tête à tête avec son Père, mais plus que ça, il pensait Père-fils, il respirait Père-Fils. La relation avec son Père était à la racine de tout ce qu’il entreprenait. C’est le signal qu’il a allumé pour nous : la relation divine est la base de l’identité humaine.

La prière, c’est quoi ?

Un rendez-vous

La prière c’est d’abord une rencontre. Tu penses que c’est là où tu rencontres Dieu ? Mais Dieu est présent partout, non ? Peut-être que c’est d’abord là où Dieu, lui, te rencontre, là où tu te rends disponible à cette rencontre, au milieu de l’agitation de ta vie.

Penses-y quand tu pries : tu lui étales ton cœur et ta vie. Même si ça peut changer selon le moment ou l’humeur, à chaque fois c’est là où tu assumes que le Père est attentif à ta vie de fille/fils bien aimé (et si ça n’a pas été le cas, penses-y !). La prière c’est d’abord le regard de Dieu qui refait surface au cœur de ta vie. C’est facile à oublier, on a du mal à l’intégrer, c’est quelque chose qu’on apprend.

Le lieu où Dieu travaille ton cœur.

Quand tu parles à Dieu, au fond, ce n’est pas seulement pour t’écouter te raconter. Au milieu de ta prière, c’est aussi sa manière à lui de te montrer qu’il s’intéresse et s’implique dans ce qui habite ton cœur.

Quand tu lui exposes quelque chose, tu le laisses participer à ce que tu es en train de traverser, se glisser au cœur de ce que tu ressens de plus intime. La prière ce n’est pas le lieu où tu changes le cœur de Dieu, mais le lieu où Dieu change ton cœur.

Le mouvement divin dans ta vie

Persévérer dans la prière c’est en faire une affaire personnelle, c’est choisir le point de vue de Dieu, c’est affirmer et s’approprier cette nouvelle identité de fille/fils bien-aimé. Ton implication face aux aléas de la vie change complètement. Ton action se nourrit d’une énergie nouvelle.

En ce sens, persévérer dans la prière c’est une action qui précède toutes les actions (cf. l’adage). C’est une nouvelle manière de répondre aux défis de ton existence, une manière qui n’est pas nourrit par l’inquiétude et le besoin de s’accomplir mais par la relation et la confiance.

C’est tout pour cette fois. Maintenant, quand tu en as l’occasion reprends ce verset, rumine-le, observe comment il agit dans ton cœur, comment il réveille et rend vivant la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ dans ta vie : au cœur de ton identité tu n’es pas seul, tu es câblé pour la relation, tu es fils/fille bien aimé !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut